Peter Gaida

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"Lieu de mémoire" de la France: Vichy 

1. Introduction

Peut être aucun autre lieu de mémoire ne provoque autant de débats jusqu’à présent que le nom de cette petite ville près du Massif Central devenu tristement célèbre comme siège du gouvernement français après la défaite française en 1940 pendant la deuxième guerre mondiale.   Vichy, étant un lieu de mémoire par excellence, ne pouvait pas manquer dans un ouvrage examinant les lieux de mémoire de la France comme ceci de Pierre Nora,  et  Vichy est examiné de près par l’article de Philippe Burrin, docteur de sciences politiques et auteur de l’ouvrage "La dérive fasciste". 

Dans son essai de vingt-trois pages, Burrin retrace le chemin du régime de Vichy et  sa mémoire jusqu’à présent, selon Burrin "un régime d´ exception" qui, forcé par l´occupation allemande de la capitale, a du campé dans la station thermale et y  a installé ce qu’est devenu "l´Etat français" entre 1940 et 1944.

La conception de son approche à ce lieu de mémoire suit essentiellement trois lignes principales: D’abord, il situe le régime de Vichy dans un contexte historique en le comparant à d`autres régimes réactionnaires et démontre sa spécificité comme un "régime-mémoire". Ensuite, il rappelle les origines de la politique de Vichy et montre les élements-clefs du régime pour pouvoir analyser de près l´ idéologie de "la recomposition de l´ âme nationale". Finalement, il examine la mémoire de ce régime depuis la fin de la guerre et montre son influence sur la société française jusqu’à présent.

 

2. Un régime à part

Pour répondre à la question en quoi  consiste la spécificité de Vichy, Burrin l´aligne d’abord dans " une famille de régimes réactionnaires" qui tous se sont référés à un passé pré républicain et tentaient de nier les acquis idéelles de la Révolution française( liberté, égalité, fraternité). Selon Burrin, la Révolution représente une rupture profonde de l’histoire française et, avec une succession de régimes opposés, donne le jour à une nouvelle culture politique, une "culture conflictuelle qui pense ses conflits historiquement et son histoire conflictuelle". Ce veut dire que la façon dont les Français pensent leur histoire semble d`être dominer par deux idées contraires, d´un coté la République avec une nouvelle vue de la société et du partage du pouvoir, de l’autre la monarchie et l’empire se référant au droit divin. Ce qui concerne les conflits, les intérêts divergents dans la culture politique en France semblent d´etre toujours baser sur ces deux concepts idéologiques, représentées dans la terminologie de "la droite" et " la gauche" dans la politique jusqu’à présent.  

Dans ce contexte, Burrin évoque d´un coté les trois Républiques, de l’autre la Restauration (1815-1848), le Second Empire ( 1851--1870) et finalement Vichy (1940-1944) comme régimes qui essaient " de faire retour en arrière". Pour ces régimes, la mémoire d`un passé pré républicain devenait " un dispositif central" dans la façon dont les régimes se définissaient. Mais pour Burrin, Vichy sort au-delà de ces ressemblances car, contrairement à ses prédécesseurs dans la famille des régimes réactionnaires, ce régime n’était plus lié à la monarchie ni à un droit devin mais à une conception nouvelle d`un "esprit national", avec la France en soi-même comme  valeur centrale, au-delà de la tradition républicain ou monarchiste.

3. L`analyse d`un régime

En présentant la vue actuelle de ce fut "l`Etat français" pendant quatre ans, Burrin rappelle les origine de cette époque ambiguë de l’histoire française. Au niveau de la politique extérieure, Vichy se posait sur l´acceptation de la défaite française par la plupart des français, contrairement à l´engagement du Général de Gaulle qui résidant  en Angleterre appela les Français à continuer le combat. Selon Burrin, le régime s`appuyait sur une future victoire allemande ou au moins sur une non-victoire de l`Angleterre. Pétain même, recevant les pleins pouvoirs par l`assemblée nationale en juillet 1940, -une décision qui selon Burrin dépassait le pouvoir de l`Assemblée-, explique que la France devait se replier sur elle-même, dans la logique de Pétain "la patrie éternelle". On s`accordant un vue réaliste de la situation dont le résultat était l´armistice, Pétain prend les affaires politiques en mains et  se "sacrifie pour la patrie". Avec la délégation  de pleins pouvoirs à Pétain, la III. République cessait d´exister.

Au niveau de la politique intérieure, Vichy entame la rénovation de la France battue en mettant en oeuvre une révolution nationale dont les piliers principaux étaient les valeurs "patrie, famille, travail".

Robert O. Paxton, historien américaine, constate dans son ouvrage "Le régime de Vichy"  qu´aucune loi allemande n´imposait une rénovation de la société française. Après l´arrivée de technocrate au pouvoir, les multiples courants politiques visaient à combattre les même ennemis: le parlementarisme et le libéralisme économique. Bien que la situation exceptionnelle nécessitait une économie de guerre,  Vichy ne se contentait d´administrer, pour Paxton, il a voulu un changement radicale. Il semble important de souligner que " la rénovation n’était pas importée par les tanks allemands." 

Dans ce sens, Burrin parle d’une "anti-république" qui a été établie par "l`establishment républicain". Cette élite politique dans sa presque totalité, mais aussi une grande partie de la population, l`église catholique rétablit dans ses privilèges, l’armée française et l’administration épousaient la politique du régime avec Pétain en tête qui, face à une France divisée entre une zone occupée et une zone libre, proposait l`essentiel pour un peuple battu: la paix.

Mais Vichy ne se contente pas de l’administration d`un pays battu et soumis à une charge lourde de réparation de 400 Millions Franc par jour, mais il s`engage dans ce que fut la collaboration avec l`Allemagne nazie. Menacé par le risque de perdre son autonomie dans la zone dit libre, strictement séparée par une ligne de démarcation au point de pouvoir parler d’une véritable frontière (G.Duby), Vichy prend la route de la collaboration.  

Les travaux de Robert O. Paxton ont essayées de prouver que  la collaboration était  grosso modo une proposition de la France et ne pas une exigence de l´Allemagne. A la rencontre de Hitler et Pétain à Montoire en Octobre 1940, aucune concession n’était accordée par l`Allemagne, selon Paxton par soucis de Hisser que Pétain aurait pu collaborer avec le résistance se rassemblant autour de Général de Gaulle. 

Paxton, qui base ses thèses sur l´analyses des archives militaires allemandes et américaines, souligne que l’intérêt de Vichy de regagner l´intégrité du territoire et de garder l’empire intacte le poussait de vouloir devenir un partenaire égale du Reich, mais la France cesser d´intéresser les Allemands qui préparer l´attaque contre l´URSS. Mais au niveau économique, la France devenait le partenaire un de plus important pour l´économie du Reich. En installant un service de travail obligatoire (S.T.O.), une échange de travailleurs contre des prisonniers, Vichy finissait " dans la figure de partenaire et du complice de l`infamie nazie".

Burrin illustre cette choix politique de s´orienter vers le Reich par l´exemple de l´écrivain Jean Maurras, auteur de l’oeuvre "La seule France" (Lyon 1941) qui formulait les lignes de pensée représentant la politique du régime de Vichy. Pour Maurras, la situation de la France en 1940 semblait similaire à la France au Moyen Age pendant la guerre de Cent Ans au Moyen Age. Comme Jeanne D´Arc qui  abandonna les combats contre les Anglais pour couronner le roi de  France, la France de l’année quarante devait abandonner la lutte militaire pour réformer le pays. 

Dans ce sens, Pétain fut "le grand bénéficiaire" d`un mouvement qui voulait uniquement cesser les combats. Mais en s`engageant dans la collaboration, Pétain sortait en dehors du soutien de son peuple dont il se sentait "le bon pasteur". Burrin constate une large hostilité de la population contre la collaboration, mais Pétain restait épargné de toute hostilité, au contraire, il représentait la continuité nationale et devient  un "sauveur-martyr", même dans l’opinion public jusqu’à présent. Après un sondage de 1983,  31 % de la population le considérait non-coupable, et c’est là que Burrin livre une preuve pour la séparation de le mémoire et de l’histoire. 

Bien que les historiens le jugent responsable, dans ce qu’on pourrait appeler une « mémoire collective » d’une société (M. Halbwachs), il reste séparé du régime qu’il dirigeait. Mais rien que  la politique vis-à-vis de juifs, avec le statut d`octobre 1940 les écartant de toute fonction publique, ne laisse aucun doute par rapport au rôle du Pétain, qui contrairement à la mémoire populaire, ne peut pas être dissocié du régime.

4.  L´idéologie de "la recomposition de l`âme nationale"

Une fois au pouvoir, Pétain se mettait à la réalisation d’une nouvelle France, selon Burrin guidé par une idéologie du genre "utopie radicale". L´idéologie basait sur des  nouveaux appuis: La famille, la commune, la profession, la région.

La famille devenait la cellule essentielle de la société avec la femme retournée au foyer et principalement occupée par la "reprise de la natalité"(Pétain). Le divorce et l´avortement n’avaient plus de place dans une société qui, face à une chute de la population masculine prisonnière ou morte, devait se revitaliser. Quand á la jeunesse, elle devait être formée  avec des  concours à l’école et disciplinée dans des chantiers de jeunesse faute d´un service militaire. La formation donné aux jeunes contenait des exercices physiques, une éducation après un manuel révisé et imposait à prêter le serment à Pétain pour "continuer à servir la France"´.  

La profession avec le paysan comme " colonne vertébrale du pays"(Pétain) devait être réorganisée par une structure coopérative. En même temps, il fallait combattre l´individualisme étant l`ennemi principal d’une nouvelle société qui devait coopérer sur tous les niveaux.

Quand à l´Etat, son rôle était de gouverner les communautés réorganisées en se servant des élites économiques, politique et sociale. Des partis politiques représentant le peuple n’avaient plus de place dans ce système, seule une organisation d’anciens combattants devait assurer le lien entre le gouvernement et l’opinion publique. 

Essentiellement, il s`agissait de susciter un esprit d´équipe pour en arriver à une "communion sociale et nationale"(Pétain). Mais il y avait des groupes sociaux ne correspondant guère à "l´âme nationale" et qu’il fallait écarter, notamment des éléments "trop fraîchement arrivés" et jugés inassimilables, comme les juifs. Dès le départ, l`expulsion et la répression se présentait sans crainte.

Pour Burrin, la vue de Pétain de la relation entre l’homme et la société était basée sur une contre-révolution, une révolution nationale issus d´un nationalisme du 19e siècle. Bien que Pétain acceptât la Révolution de  1789 et écarta le retour à la monarchie, il envisageait d´échanger la République  contre la nation pour que la France puisse se libérer de "tout que n’était pas à elle"(Pétain) sans que Vichy ait établi une nouvelle constitution approuvée par une exécutive élue pour remplacer son prédécesseur constitutionnel, la III. République. 

Cette certitude du régime de pouvoir réveiller une France éternelle sans rendre-compte à l’histoire du pays sortait d’une vue personnelle de Pétain. Pour lui, la défaite représentait une occasion de rétablir la véritable France. Sa philosophie étant enracinée dans un passé personnel de la double défaite en 1870 et 1940, le poussait à croire que seulement la défaite était un vrai moyen de redresser le pays alors que "la victoire et la prospérité endorment la France"(Pétain). Burrin voit dans ce point de vue " une conception bien française" qui  accepte les limites de  l´expansion nationale et qui se réfère davantage à des personnages historiques ayant rassemblé le pays derrière des défaites comme le Gaulois Vercingétorix battu par les romains ou Jeanne d`Arc.

Le retour à la « France éternelle », dans la philosophie de Pétain un géant qui se redresse après chaque défaite, devait se faire par un moyen qui lui appartenait plus en entière: la terre.

En constatant un déracinement des classes sociales et un " nomadisme administratif", Pétain voyait les Français s`éloigner de leur terre, un développement du à l`industrialisation de l´économie française alors que pour Pétain la France aurait toujours du rester " une nation essentiellement agricole". Avec cette préférence d’une France agricole, Burrin conclut que Vichy fermait les yeux devant l’histoire et sortait du temps. En voyant une France avec "des certitudes éternelles" (Pétain) en dehors de toute l’histoire, l´idéologie de Vichy devenait une utopie,  refusant la réalité  et orientée vers un passé mystifié. 

Burrin analyse la mémoire vichyssois de l’histoire française étant comme un mythe, établie par une génération ayant vécu la disparition d´un monde agricole et avec l’expérience des deux guerres perdus: La mémoire de Pétain même. Cette mémoire d’une génération ne comprenant plus la réalité en 1940 pousse Burrin à éloigner le régime de Vichy du fascisme comparable avec l´Allemagne et l`Italie. Bien qu’un recours à une volonté de réorganiser le pays par l´hiérarchie et l’autorité peut être constatée, la reprise d`un modèle ancien sans vouloir établir un véritable nouvelle ordre totalitaire ne permet pas de considérer Vichy comme un système fasciste bien qu’il y a eu des courants fascistes. 

De plus, le manque d’une idéologie officielle et homogène et d’une pratique fasciste, comme l´ajoute  Milza/Berstein 8 pour indiquer des caractéristiques  d´un régime fasciste, laisse apparaître Vichy comme un régime réactionnaire. Azema constate dans son ouvrage " De Munich à la Libération" que le pouvoir  a été plutôt "confisqué par une gérontocratie de notables conservateurs". 9

Michèle Cointet-Labrousse conclut dans son ouvrage que le fascisme ne pouvait pas prendre place en France car " la bourgeoise française dominait la société française et la vie politique depuis un siecle.10 Bien plus, elle constate que le fascisme n’ait pas pu assurer "l´idéologie et les sentiments nationalistes" fortement enracinées en France, un manque qui après elle explique l’origine de l´échec du régime.

Finalement, on peut se poser la question si les français  ont voulu suivre l´idéologie proposée par le régime. En proposant les valeurs perdues après la défaite,-la terre divisée, l’ordre social perturbé et les familles séparées-, Pétain a pu obtenir une popularité difficile à  obtenir en temps de paix. Le programme de redresser le pays avec des valeurs perdus dans la guerre, dans une époque de privation et de séparation des familles, avec le désordre d’une guerre et le menace de perdre l´autonomie de la zone libre, ne pourrait  guère être rejeter par la population. Au contraire, Vichy reprenait les préoccupations majeures de la population et proposait dans une situation politique difficile, de retrouver la foi en soi-même et en un avenir français dans un Europe dominé par l`Allemagne nazie.

5. "Une mémoire vive"

La libération de la France par les Alliés a vite mis fin à la "recomposition de l´ame nationale" par le régime de Vichy. Pour Burrin, Vichy n’a pas rassemblé les Français derrière une "France éternelle", bien au contraire. Le régime a laissé " une mémoire vive" d´ un temps qui continue à gêner. Depuis la fin de la guerre jusqu’à présent, la mémoire du régime peut être divisé en deux périodes différentes.

Dans un premier temps, la mémoire publique se tourna contre ses anciens dirigeants. Le discrédit du régime a abouti dans de nombreuses condamnations, Pétain fut condamné à une peine perpétuelle. L´accusation a été basée sur deux décisions du régime: L´armistice et le vote des  pleins pouvoirs du 10 Juillet 1940. Quant à l`armistice, l´accusation s’est référés à l’accord de cesser les combats mais la voie du régime de collaborer avec ennemi sortait en dehors d´un armistice. Le vote de pleins pouvoirs par l`Assemblée nationale par contre a été considéré comme un complot contre la République. Burrin souligne que les courants politiques d`après-guerre se sont appuyés sur ces deux interprétations en réduisant ainsi la complexité de régime.  

Le nouveau pouvoir gaulliste a accentué l´armistice en l´interprétant comme un manque de résistance contre l´Allemagne nazie. Ensuite, il a établi une image de la France résistante contre ennemi: "France, Résistance, de Gaulle" fut  la formule pour la mémoire de la guerre. En quelque sorte, l’histoire de la France pendant 1940- 1944 est  du nouveau devenu  "un passé glorieux et mythique" imposée par le gaullisme. Pour Burrin, de Gaulle appartenait au même état d´ame considérant la France comme éternelle mais contrairement à Pétain uniquement dans sa grandeur et pas dans ses défaites. C’est dans ce sens que Burrin peut constater que "en proposant son interprétation de la guerre et de Vichy, de Gaulle voulait rassembler et souder la nation autour d’une mémoire unitaire et unificatrice".

Après la mort de de Gaulle, la " mémoire d’état" a cédé la place à une mémoire publique plus critique examinant de près la politique intérieure du régime. A partir de 1970, une interprétation plus large a substitué  la vue "d´un peuple résistant en bloc", de nombreuses ouvrages traitant le régime du Vichy sont apparus (Paxton, Azema). De plus, une mémoire juive a commencé à dévoiler le  niveau de la collaboration  du régime, une mémoire difficile à intégrer dans une vue d´histoire basé sur la résistance. C’est avec ces mémoires nouvelles d´un régime ambigu que l’opinion publique a été poussée à reprendre le débat et de chercher davantage les coupables de la persécution des Juifs, culminant dans des procès contre des anciens responsable (Barbie, Touvier). 

L´arrivée des socialistes au pouvoir et la montée de l’extrême droite ont accéléré le regards critique  sur Vichy et l’ont rendu " plus actuel qu’il ne l´a jamais été depuis la Libération". Mais l´interpretation s´appuiera moins sur l´armistice que sur le vote des pleins pouvoirs qui permettait la poursuite d´individus et de minorités. Au lieu d´accuser la collaboration avec l´Allemagne comme l`a fait le Gaullisme, l´accusation  sera basée sur la collaboration, au lieu d’avoir violé la France, on accusera Vichy d’avoir violé les droits de l’homme. 

Pour Burrin, l´accusation d’avoir abandonné la grandeur de la France avec l´armistice n’a plus de sens dans une société urbanisée et individualisée avec une nouvelle génération sans expérience de la guerre. C’est-à-dire que la mémoire de Vichy a aujourd’hui perdu le "soubassement social"  pour une nouvelle révolution nationale au point que même l´extreme-droite ne peut plus se réfère à une idéologie de la "recomposition nationale".

Henry Rousso, auteur de l’ouvrage "Le syndrome de Vichy" 11 va plus profonde dans sa analyse de la mémoire du régime de 1944 jusqu’à nos jours et constate quatre phase différentes de la mémoire collective prenant un autre chemin que l’histoire diffusé par les historiens. Pour lui, la première phase est marquée par le deuil de milliers de morts et déportés pendant la guerre.   

Ensuite, à partir de 1954, la mémoire devient moins conflictuelle et il voit s’établir une vue du régime s´appuyant sur la résistance qui devient la vue collective en quelque sorte imposée par les autorité de l´époque nommé le "résistancialisme". Dans cette vue, le régime fut marginalisé et remplacé par "un objet de mémoire", la résistance qui fut assimilée à l’ensemble de la nation. 

Entre 1971 et 1974, des approches multiples font éclater le résistancialisme, la mémoire fut en quelque sorte démocratisée pour arriver à la quatrième phase dans laquelle la mémoire devient " une obsession" avec la rentrée d’une mémoire juive et la révision de Vichy par les courants politiques successifs.

Par contre, cette nouvelle mémoire de Vichy, -trente ans plus tard-, basée sur un regard critique vers la  politique vichyssois vis-à-vis des droits de l’homme, ne reste pas actuelle uniquement pour les historiens et semble étroitement liée à la démocratie. La mémoire d´un régime de répression et de persécution dans l’histoire d´un pays peut servir et servira toujours à protéger les valeurs d’une démocratie et d´eviter "le pire menace pour une démocratie (...) de la perte de confiance en soi-même", comme Vichy nous montré au moment d’une faiblesse d´un système démocratique après une défaite militaire.

Finalement, c’est uniquement aujourd’hui que Vichy gagne l´ampleur d´un lieu de mémoire avec la fonction de rappeler les français à un régime non-républicain en France et, au même temps, il devient un symbole pour les générations futures d´un passé étroitement lié à l’histoire des régimes totalitaires européennes au XX. Siècle.

 

 

 

6. Bibliographie (sélection)

Philippe Burrin: l’article "Vichy", p.321-345 in: Pierre Nora: "Lieux de mémoire"

-: La dérive fasciste, Bergery, Doriot, Déat. Paris 1986. Le Seuil

-: La France à l’heure allemande, 1940-1944. Paris 1995. Le Seuil

Jean-Pierre Azema: De Munich à la Libération 1938-1944. Paris 1979. Le Seuil

-: Le régime de Vichy et les Français. Paris 1992

Robert O. Paxton: La France de Vichy 1940-1944. Paris 1973. Le Seuil

Milza, Pierre: Fascisme français. Passé et présent. Paris 1987

Cointet-Labrousse, Michèle: Vichy et le fascisme. Bruxelles 1987. Editions complexes

-: Vichy, capitale 1940-1944. Paris 1993. Perrin

Henry Rousso: Le syndrome de Vichy. Paris 1990. Le Seuil

Conan,E./ Rousso,H.: Vichy, un passé qui ne passe pas. Paris 1993. Fayard

Veillon, Dominique: La collaboration. Textes et débats. Paris 1984. Librairie générale française

Rioux, Jean-Pierre: La vie culturelle sous Vichy. Paris 1990. PUF

Ory, Pascal: Les collaborateurs 1940-1944. Paris 1976

Ferro, Marc: Pétain. Paris 1987

Michel, H.: Pétain et le régime de Vichy. Coll. „Que sais-je?“ Paris 1986. PUF

Sternhell, Zeev: Ni droite, ni gauche. L´ideologie fasciste en France. Paris 1983. Le Seuil

Rossignol, D.: Histoire de la propagande en France de 1940-1944. L´utopie Pétain. Paris 1991. PUF

Hoffmann, Stanley: Essais sur la France. Paris 1974. Le Seuil

Laborie, Pierre: L’opinion française sous Vichy. Paris 1990. Le Seuil

Hirschfeld; D./ Mash, P.: Kollaboration in Frankreich 1940-1944. Frankfurt a. M. 1983. Suhrkamp